Xenoblade Chronicles 3 est le dernier épisode en date de la série Xenoblade, et techniquement le 4e épisode si on compte X.
L’univers est beaucoup plus sombre que dans le second épisode : le monde est en guerre perpétuelle, avec deux factions composées de clones qui ne vivent que 10 ans et se sacrifient pour leurs reines lorsqu’ils arrivent à la fin de leur durée de vie. C’est très dystopique, et les premières heures à se promener au milieu de champs de ruines et de plaines dévastées par les combats sont un peu déprimantes. Les sujets abordés sont aussi beaucoup plus sérieux : alors que le précédent était focalisé sur la niaiserie du pouvoir de l’amitié, celui-ci parle de la mort, du deuil, du libre arbitre, de la rancœur, des préjugés, du destin et même du stress post-traumatique ; le tout est traité de manière très correcte, parfois avec un angle original, et ça fait vraiment du bien de ne pas avoir un personnage niais, idiot et/ou mono-dimensionnel. L’histoire et l’écriture sont vraiment bonnes, et avec ces flûtes récurrentes pour accompagner les âmes des morts rencontrés en chemin, l’ambiance est très mélancolique et vraiment réussie, d’autant plus que le jeu montre très bien l’évolution des personnages et de leurs relations au fil des épreuves qui s’imposent à eux, de manière toujours crédible. Evidemment il y a toujours des moments convenus voire cliché, il arrive parfois que les dialogues n’aient ni queue ni tête, ou que les gentils fassent un monologue de cinq minutes devant un méchant qui attend poliment qu’ils aient fini, ou que le méchant détaille ses plans et que les gentils ne comprennent rien, mais ça reste assez ponctuel.
Le gameplay n’est pas le meilleur de la série, et se trouve entre celui du premier épisode et du second : les personnages font automatiquement des attaques normales, et on peut déclencher des attaques spéciales (appelées « arts ») avec le bouton associé. Ces dernières se rechargent soit automatiquement, soit en portant des attaques normales, et il y a quelques autres subtilités et d’autres mécaniques débloquées après quelques heures, comme les ouroboros. En revanche on perd le système de forces/faiblesses élémentaires du 2, ce qui est vraiment dommage d’autant plus qu’avec le système de classes on aurait pu l’exploiter sans problème.
En effet, la grosse nouveauté de cet épisode, c’est ce système de classes : ce sont les armes qui définissent la classe d’un personnage, et chacun peut équiper les armes d’un autre, ou de personnages supplémentaires recrutés lors de quêtes principales ou secondaires. Le système permet d’apprendre et de maîtriser des compétences en utilisant les armes un certain temps, puis ensuite de mélanger les arts appris, même s’il n’est pas vraiment possible de pousser jusqu’à avoir un personnage « bi-classé » : au mieux, on obtient un personnage avec les stats et arts d’une classe, et quelques arts d’autres classes. On peut se faire une équipe équilibrée ou spécialisée, il y a un arbre d’amélioration pour les ouroboros, des gemmes à crafter, bref, les possibilités sont variées. Et en bonus inattendu, les quêtes secondaires donnant des points pour améliorer les personnages, je n’ai pas eu le sentiment d’inutilité de ces quêtes que j’avais dans l’épisode précédent, et j’étais toujours content d’obtenir quelque chose pour faire progresser mes personnages.
Le monde est cette fois-ci indiscutablement un véritable open world : c’est vaste, les paysages sont souvent très jolis, on voit des choses à perte de vue, et on peut aller à peu près partout, même s’il faut parfois faire de grands détours, et que certains endroits sont très linéaires. Le monde est quand-même découpé en plusieurs zones séparées par des temps de chargement, mais c’est vraiment très grand : on peut passer un quart d’heure à traverser chaque carte.
La difficulté est bien mieux gérée, à mon goût, que dans les précédents : la progression est fluide et il n’y a pas besoin de grinder, et ceux qui veulent un challenge pourront affronter des monstres puissants qui se promènent au milieu. D’ailleurs, contrairement aux précédents épisodes, il n’y a pas le problème des gros monstres qui nous tuent en un coup alors qu’on essaye de fuir : ça a dû m’arriver moins de 5 fois au total, alors que dans le 2 c’était vraiment très fréquent. Pour mieux gérer sa difficulté soi-même, il existe un système très intelligent d’XP bonus : la moitié des points d’XP obtenus en jeu sont « stockés » et il faudra aller dormir à l’auberge ou dans un camp pour l’appliquer aux personnages : on peut ainsi « choisir » le niveau de chacun de ses personnages, dans une certaine mesure. Ainsi, à force de faire des quêtes secondaires il m’était arrivé d’avoir 15 niveaux de trop par rapport aux ennemis rencontrés, mais si j’avais utilisé l’xp bonus j’aurais pu en avoir 10 de plus. Autre détail intelligent, lorsque l’on perd dans un combat de boss, le jeu propose de recommencer immédiatement et de modifier ses personnages au cas où vous ayez dé-optimisé votre équipement pour leveller les classes ; ou bien de recharger une sauvegarde pour repartir grinder.
J’ai terminé le jeu en environ 80h en faisant un bon nombre de quêtes secondaires, mais loin de faire le 100%.
Techniquement le jeu est très joli, et fait clairement partie des plus beaux jeux de la console, aux côtés des deux Zelda ; la qualité est largement supérieure au précédent épisode, surtout au niveau des cinématiques qui représentent une grosse amélioration, bien que les environnements soient aussi moins détaillés et moins chargés. La musique est excellente, et contrairement aux autres, il y a un vrai thème avec une identité forte, et n’a pas du tout l’effet « musique épique générique » que je ressentais avec les deux autres : elle est ici pleine d’émotions et colle vraiment bien à l’ambiance. Petit détail, les voix anglaises ne sont plus faites par des anglais, écossais et autres irlandais : c’est dommage, c’était parfois étrange mais ça donnait une certaine personnalité à la série ; il est aussi possible de passer les doublages en japonais.
Un Avenir Retrouvé (DLC)
Le season pass rajoute quelques items, des tenues, deux héros à recruter avec leurs quêtes associées, et surtout une grosse aventure, un peu comme Torna : l’histoire se déroule une centaine d’années avant le jeu principal, dure une vingtaine d’heures, et fait le lien avec les épisodes précédents avec plein de références. A ce titre, il vaut mieux avoir fait les épisodes 1 et 2 (et leurs DLCs !) pour comprendre quelque chose, et même là ce n’est pas toujours clair et souvent tiré par les cheveux.
Le gameplay ne change pas beaucoup, et se contente de remplacer les fusions ouroboros par des attaques d’union que l’on peut personnaliser ; les personnages ne peuvent pas changer de classe, mais peuvent tout de même être légèrement personnalisés, notamment avec une grille d’améliorations. L’aventure ajoute des tas de petits objectifs à compléter : spots de carte, ennemis à abattre, matériaux etc, qui donnent des points servant à débloquer des capacités. Comme dans Torna, il y a également un « cercle de solidarité » qui se remplit quand on rencontre des PNJ et qu’on remplit leurs quêtes, mais heureusement ici on a la liste des objectifs à remplir pour obtenir leur soutien. J’ai terminé le DLC 17h, pas à 100% mais avec beaucoup de quêtes secondaires.
Xenoblade Chronicles 3 est l’épisode de la série que j’ai préféré jusqu’ici : le gameplay des combats est malheureusement moins riche que dans le 2, mais l’histoire est prenante et émouvante, les personnages sont très bien écrits et attachants, le monde est bien pensé et intéressant, bref c’est un excellent jeu, que je recommande chaudement.
